Le mineur de 16 à 18 ans peut être reconnu responsable de l’infraction qu’il a commise. Il peut donc faire l’objet de mesures judiciaires et être condamné à une sanction.
À noterLe juge doit prendre des mesures et/ou prononcer une peine qui assurent un juste équilibre entre éducation et sanction.
Quelles mesures limitent la liberté du mineur avant le prononcé d’une sanction ?Avant d'être présenté à un juge ou à un tribunal qui fixera sa sanction, le mineur peut faire l'objet de mesures de sûreté.Ces mesures limitatives de liberté sont mises en place pour remplir l’un des objectifs suivants :- Éviter la commission d’une nouvelle infraction
- Éviter que le mineur entre en contact avec des complices ou des victimes
Permettre le bon déroulement de l’enquête ou de l’instructionProtéger le mineur lui-mêmeS’assurer que le mineur sera présent au moment de son jugement.Ces mesures de sûreté peuvent être accompagnées d’une mesure éducative judiciaire provisoire (MEJP).En savoir plus sur la mesure éducative judiciaire provisoire (MEJP)La MEJP consiste en un accompagnement individualisé du mineur délinquant. Cette mesure permet de suivre le mineur en lui fixant un cadre éducatif adapté à sa situation personnelle.Si le juge prononce cette mesure, le mineur doit effectuer un ou plusieurs des modules suivants :- Module d’insertion
Module de réparationModule de santé. Il peut notamment consister en un placement du mineur dans un établissement de santé (autre qu’un service psychiatrique) ou dans une prise en charge sanitaire adaptée à ses besoinsModule de placement.Le mineur peut aussi être soumis à plusieurs obligations et interdictions fixées par le juge :- Interdiction de paraître dans le lieu où l’infraction a été commise (pour une durée maximale d’1 an)
Interdiction d’entrer en contact avec un complice ou une victime (pour une durée maximale d’1 an)Interdiction d’aller et venir sur la voie publique sans être accompagné par l’un de ses représentants légaux, sauf pour l’exercice d’une activité professionnelle, pour le suivi d’un enseignement ou d’une formation ou pour un motif grave d’ordre médical ou administratif. Cette mesure ne peut pas durer plus de 6 mois.Obligation de pointer auprès des services, associations ou autorités désignés par le juge des enfants, le tribunal pour enfants, le juge d'instruction ou le juge de la liberté et de la détention. Cette obligation est valable pour une durée maximale de 6 mois.La MEJP peut être prononcée à tous les stades de la procédure avant le prononcé de la sanction.De manière générale, cette mesure est exercée jusqu'au jugement du mineur soit sur la culpabilité si elle a été ordonnée lors du défèrement, soit sur la sanction si elle a été ordonnée pendant la période de mise à l'épreuve éducative.Dans le cadre d’une instruction, la MEJP est prononcée pour une durée d’1 an renouvelable.
Quelles mesures éducatives permettent de sanctionner le mineur lors de son jugement ?Après la mise à l’épreuve éducative (ou, dans certaines conditions, lors de l’audience unique devant le TPE), la juridiction chargée de l’affaire peut prononcer une sanction contre le mineur, lors de l’audience sur le prononcé de la sanction.La sanction peut prendre la forme d’une mesure éducative : un avertissement judiciaire ou une mesure éducative judiciaire (Mej).En quoi consiste l’avertissement judiciaire prononcé contre un mineur ?Lorsque le juge prononce un avertissement judiciaire contre un mineur, il lui explique l’infraction qu’il a commise, la gravité de son comportement et les conséquences s’il recommence.À savoirL’avertissement judiciaire peut se cumuler avec une mesure éducative judiciaire lorsqu’elle comporte uniquement un module de réparation. Si le mineur a commis une contravention de 5e classe, un délit ou un crime., il peut également s’ajouter à la peine prononcée contre le mineur.En quoi consiste la mesure éducative judiciaire prononcée contre un mineur ?La mesure éducative judiciaire consiste en un accompagnement individualisé du mineur délinquant construit à partir de sa situation personnelle, familiale, sanitaire et sociale. Elle permet la protection du mineur, son assistance, son éducation, son insertion et son accès aux soins.Si le juge prononce cette mesure, le mineur peut se voir appliquer un ou plusieurs des modules suivants :- Module d’insertion
Module de réparationModule de santé. Il peut notamment consister en un placement du mineur dans un établissement de santé (autre qu’un service psychiatrique) ou dans une prise en charge sanitaire adaptée à ses besoinsModule de placement.Le mineur peut aussi être soumis à plusieurs obligations et interdictions fixées par le juge (exemple : interdiction d’entrer en contact avec un complice ou une victime, interdiction d’utiliser le compte d’une plateforme en ligne à partir duquel l’infraction a été commise).La durée de la mesure éducative judiciaire est fixée par la juridiction et ne peut pas excéder 5 ans. Elle prend fin au plus tard à l’âge de 21 ans.Certaines obligations et interdictions auxquelles le mineur est soumis peuvent avoir une durée plus courte (par exemple, l’interdiction d’utiliser le compte d’une plateforme en ligne est valable pour 6 mois).AttentionLa mesure éducative judiciaire peut être cumulée à la peine prononcée contre un mineur qui a commis une contravention de 5e classe, un délit ou un crime.
Quelles peines risquent le mineur lors de son jugement ?Après la mise à l’épreuve éducative (ou, dans certaines conditions, lors de l’audience unique devant le TPE), la juridiction chargée de l’affaire peut prononcer une peine contre le mineur, en réponse à l’infraction qu’il a commise.Le juge choisit la sanction applicable en fonction de l’infraction qui a été commise et de la situation personnelle du mineur. Elle peut prendre la forme d’une peine.À savoirLors d’une audience unique, le tribunal pour enfant peut prononcer une peine uniquement si le mineur a déjà été soumis à une mesure prononcée par un juge (exemple : mesure éducative judiciaire). Cette mesure doit avoir donné lieu à un rapport éducatif datant de moins d’1 an.Les peines qu’encourt le mineur dépendent de la gravité des faits qu’il a commis et de la juridiction compétente :- Si le mineur a commis une contravention des 4 premières classes, la peine est décidée par le tribunal de police.
S’il a commis une contravention de 5me classe ou un délit de faible gravité, la peine est prononcée par le juge des enfants.Si le mineur a commis un contravention de 5me classe (pour laquelle le juge des enfants n’a pas été saisi), un délit grave, c’est le tribunal pour enfants qui décide de la peine.Lorsque le mineur a commis un crime, la peine est prononcée par la cour d’assises des mineurs.Peines prononcées par le tribunal de policeLe tribunal de police peut prononcer une peine d’amende à l’encontre du mineur.Il peut également décider de peines complémentaires (exemple : interdiction de porter une arme, confiscation de la chose qui a servi à commettre l’infraction).AttentionEn principe, le mineur bénéficie de l’excuse de minorité. Ainsi, le montant de l’amende qui lui est infligée doit être inférieur à la moitié de l’amende encourue par les majeurs, sans dépasser 7 500 €. Toutefois, le tribunal de police peut décider de ne pas appliquer l’excuse de minorité. Cette décision doit être justifiée par les circonstances de l’affaire et la personnalité du mineur.Peines prononcées par le juge des enfantsLe juge des enfants peut prononcer l’une des peines suivantes contre le mineur :- Confiscation de l’objet ayant servi à commettre l’infraction
Une peine de stage (exemple : stage de sensibilisation aux dangers de l’usage de drogues). Cette peine ne peut pas durer plus d’un mois. La durée journalière de stage doit être inférieure à 6 heures.Un travail d’intérêt général (TIG) si le mineur avait plus de 13 ans lors de la commission des faits. Le TIG doit être adapté au mineur et favoriser son insertion. Il n’est pas effectué aux frais du condamné.Peines prononcées par le tribunal pour enfantsLe mineur peut être condamné à l’une des peines suivantes :- Peine de prison avec sursis simple ou probatoire
Peine de prison fermeDétention à domicile sous surveillance électroniqueAmendeSuivi socio-judiciairePeine de stage (par exemple, un stage de sensibilisation aux dangers sur l’usage de drogues)Sanction réparation.En plus de ces peines, la juridiction pour mineurs peut prononcer une peine complémentaire (confiscation de la chose ayant servi à commettre l’infraction, interdiction de détenir un animal, etc.).À savoirLorsqu’il encourt une peine de prison ou à une amende, le mineur peut bénéficier de l’excuse de minorité. Ainsi, les peines auxquelles il est condamné sont moins lourdes que celles prévues pour les majeurs.En savoir plus sur l’excuse de minoritéLorsque le mineur bénéficie de l’excuse de minorité, la peine de prison prononcée contre lui doit être inférieure ou égale à la moitié de celle que risquent les majeurs. Lorsque l’infraction fait encourir la perpétuité, le mineur peut uniquement être condamnée à une peine inférieure ou égale à 20 ans de prison. Le montant de l’amende qui lui est infligée doit être inférieure à la moitié de l’amende encourue par les majeurs, sans dépasser 7 500 €.De manière exceptionnelle, la juridiction pour mineurs peut décider de ne pas appliquer l’excuse de minorité. Cette décision doit être justifiée par les circonstances de l’affaire et la personnalité du mineur.Dans ce cas, le mineur risque les mêmes peines que les majeurs. Si l’infraction qu’il a commise fait encourir la perpétuité, la peine qui peut être prononcée contre lui est inférieure ou égale à 30 ans de prison.Peines prononcées par la cour d’assises des mineursLe mineur peut être condamné à l’une des peines suivantes :- Peine de prison avec sursis simple ou probatoire
Peine de prison fermeDétention à domicile sous surveillance électroniqueAmendeSuivi socio-judiciairePeine de stage (par exemple, un stage de sensibilisation aux dangers sur l’usage de drogues)Sanction réparation.En plus de ces peines, la juridiction pour mineurs peut prononcer une peine complémentaire (confiscation de la chose ayant servi à commettre l’infraction, interdiction de détenir un animal, etc.).À savoirLorsqu’il encourt une peine de prison ou une amende, le mineur peut bénéficier de l’excuse de minorité. Ainsi, les peines auxquelles il est condamné sont moins lourdes que celles prévues pour les majeurs.En savoir plus sur l’excuse de minoritéLorsque le mineur bénéficie de l’excuse de minorité, la peine de prison prononcée contre lui doit être inférieure ou égale à la moitié de celle que risquent les majeurs. Lorsque l’infraction fait encourir la perpétuité, le mineur peut uniquement être condamnée à une peine inférieure ou égale à 20 ans de prison. Le montant de l’amende qui lui est infligée doit être inférieure à la moitié de l’amende encourue par les majeurs, sans dépasser 7 500 €.De manière exceptionnelle, la juridiction pour mineurs peut décider de ne pas appliquer l’excuse de minorité. Cette décision doit être justifiée par les circonstances de l’affaire et la personnalité du mineur.Dans ce cas, le mineur risque les mêmes peines que les majeurs. Si l’infraction qu’il a commise fait encourir la perpétuité, la peine qui peut être prononcée contre lui est inférieure ou égale à 30 ans de prison.